FONDER UNE FAMILLE PENDANT LA RÉSIDENCE AU CANADA — CE QU’IL FAUT SAVOIR

Si vous êtes enceinte ou si vous envisagez de bientôt fonder une famille, vous avez sans doute des questions concernant les impacts de la grossesse et du congé de maternité en tant que résidente en médecine au Canada. La présente ressource contient de l’information pour vous aider à vous préparer pour le congé de maternité, réduire vos fonctions professionnelles, obtenir du soutien financier et réintégrer la main-d’œuvre en tant que résidente. Nous fournissons également des ressources recommandées pour les parents, incluant des sites Web, des blogues et des podcasts.

Veuillez noter que chaque province et programme ont des politiques et des ressources uniques que vous devriez consulter. Nous avons également fourni des liens pour plusieurs de ces ressources.

Si vous envisagez fonder une famille ou si vous êtes actuellement enceinte, assurez-vous de vous occuper des choses suivantes :

  1. Consultez votre médecin de famille ou trouvez un médecin de famille si vous n’en avez pas. La plupart des associations provinciales ont des programmes de soutien pour vous aider à trouver un médecin de famille.
  2. Avisez votre directeur de programme de résidence dès que vous serez prête. Dans la plupart des cas, il est préférable de le faire le plus tôt possible. Il peut être utile de le faire avant d’avoir terminé votre premier trimestre, afin de faciliter la planification de vos stages, votre congé de maternité et la couverture du service de garde pendant le deuxième et le troisième trimestre. Rencontrez votre directeur de programme et examinez les stages à venir. Il est souvent nécessaire d’apporter des modifications aux stages avec des exigences d’appel et des demandes physiques élevées, surtout lors du troisième trimestre.
  3. Planifiez la garde d’enfants, puisque le processus d’obtention d’un service de garde d’enfants peut prendre jusqu’à un an. Si vous avez l’intention d’envoyer votre enfant à la garderie ou d’embaucher une nourrice étrangère, ajoutez votre nom aux listes d’attente ou communiquez avec une agence de placement dès que possible. Bien que plusieurs résidentes obtiennent un service de garde vers la fin de leur congé de maternité, le processus peut devenir une source d’anxiété et d’inquiétude si l’on attend jusqu’à la dernière minute.
  4. Avisez votre bureau des études médicales postdoctorales.
  5. Communiquez avec le bureau du mieux-être de votre université pour obtenir des ressources locales et être guidée tout au long du processus.
  6. Avisez l’Association canadienne de protection médicale (ACPM) si vous prenez un congé de maternité pour interrompre votre protection pendant que vous n’êtes pas au travail.
  7. Faites une demande pour des prestations d’assurance-emploi du Canada par l’entremise de Services Canada ou QPIP (au Québec) après la naissance du bébé, ou ultérieurement si vous choisissez de commencer votre congé de maternité avant la date de naissance prévue.

Le congé de maternité suspend votre pratique médicale

Veuillez noter que lorsque vous êtes en congé de maternité, vos droits de traitements sont essentiellement suspendus, y compris les licences de prolongement. Lorsque vous êtes en congé, vous n’êtes pas assurée juridiquement pour participer à n’importe quelle sorte d’activité reliée aux soins des patients.

Des expositions communes quotidiennes dans le domaine médical peuvent présenter des risques accrus pour les femmes enceintes et les fétus. Les risques actuels de plusieurs expositions reposent largement sur des études expérimentales sur des animaux et il est peu probable qu’ils seront étudiés de façon randomisée sur des humains. Par conséquent, une résidente enceinte doit mesurer son propre niveau de confort avec les substances et les situations rencontrées dans le cadre de son emploi.

Dans de nombreux cas, vous pouvez éviter les expositions en ajustant votre horaire de stages ou en demandant à un collègue de voir un patient. Le site Web du National Centre on Birth Defects and Developmental Disabilities (NCBDDD) offre une liste d’expositions à prendre en compte, avec les liens vers de l’information qui vous aidera à prendre une décision informée.

On associe le fait de soulever des charges lourdes et rester debout pendant de longues périodes avec le risque élevé d’accouchement prématuré, de naissance prématurée, d’incidence de faible poids à la naissance ou d’un bébé atteint d’hypotrophie néonatale.

  • Soulever des charges lourdes est défini comme soulever ou porter une charge de plus de 23 kilogrammes.
  • Rester debout ou marcher trop longtemps est défini comme rester debout pour une période de plus de trois à quatre heures par jour.
  • Selon le consensus du Alberta Perinatal Health Program, l’élimination du soulèvement de lourdes charges après la 20e semaine de la grossesse et de périodes où l’on reste debout longtemps après la 24e semaine réduit le risque de résultats périnatals indésirables comparé à ceux des femmes qui n’ont pas été exposées.
  • Si vous portez plus d’un enfant, consultez votre médecin. On pourrait vous aviser de vous abstenir des fonctions de service de garde plus tôt qu’une femme qui ne porte qu’un enfant.

(H3) Politiques provinciales pour les médecins enceintes

Chaque province et programme ont des politiques uniques concernant les quarts de travail sur appel ou prolongés pendant la grossesse. Le tableau ci-dessous indique le nombre de semaines gestationnelles après lequel une femme enceinte n’est plus obligée à travailler des quarts de travail prolongés ou des fonctions de service de garde dans chaque province. Des liens vers les politiques complètes de chaque province sont également fournis.

Tableau 1 : Sommaire des politiques provinciales concernant la réduction de la charge de travail pour les médecins enceintes

Province C.-B. Alberta Saskatchewan Manitoba Ontario Québec Maritimes
Nombre de semaines gestationnelles 24 27 28 31 27 20 28
Lien vers la politique Politique de la C.-B. Politique de l’Alberta Politique de la Saskatchewan Politique du Manitoba Politique de l’Ontario Politique du Québec Politiques des Maritimes

La plupart des résidents canadiens contribuent au régime d’assurance-emploi du Canada. L’assurance-emploi procure un revenu aux mères qui ont donné naissance et/ou aux parents qui s’occupent d’un nouveau-né pendant la première année de vie. Vous devez accumuler au moins 600 heures d’emploi assurable (excluant la couverture sur appel et en dehors des heures de bureau) pour être admissible : https://www.canada.ca/fr/services/prestations/ae/assurance-emploi-maternite-parentales.html.

À compter de 2016, l’assurance-emploi offre une prestation maximale de 537,00 $ par semaine avant les taxes.

  • Les 17 premières semaines de ce congé sont considérées comme un congé de maternité et il est offert aux mères naturelles qui sont enceintes ou qui ont récemment donné naissance.
  • Les 35 semaines suivantes du programme sont considérées comme un congé parental et il est offert aux parents qui s’occupent d’un nouveau-né ou d’un enfant récemment adopté.
  • Les programmes combinés offrent aux mères naturelles 52 semaines, ou une année, de prestations.

Compléments provinciaux

Plusieurs contrats de résidence provinciaux offrent un soutien financier supplémentaire aux mères naturelles, nommé un « complément ». D’autres programmes peuvent substituer les prestations d’assurance-emploi d’une résidente pendant la partie de maternité du congé. Ceci est souvent versé comme une somme globale à la fin du congé de maternité (17 semaines).

Les résidentes du Québec contribuent à un programme semblable aux prestations d’assurance-emploi énumérées ci-dessus, le Régime québécois d’assurance parentale (RQAP). Les résidentes sont admissibles après 20 semaines de service : http://www.rqap.gouv.qc.ca/index.asp.

Il y a plusieurs nuances à l’intérieur des plans de chaque province, donc veuillez consulter votre association provinciale de résidence pour de plus amples détails. Le tableau ci-dessous résume ce qu’offrent les contrats provinciaux à compter de mai 2016.

Tableau 2 : Sommaire des dispositions en matière de congé par province

C.-B. Alberta Sask Manitoba Ontario Québec Maritimes T-N-et-L
Congé de
maternité
Pas de complément ; Assurance-emploi seulement 17 semaines = 90 %, lorsque combiné avec l’assurance — emploi 17 semaines = 95 %, lorsque combiné avec l’assurance-emploi 17 semaines = 60 % du salaire brut jusqu’à 1 200 par semaine 15 semaines = 84 %, lorsque combiné avec l’assurance-emploi 21 semaines = 95 % du salaire, lorsque combiné avec le RQAP Complément de 15 semaines = 93 % du salaire, lorsque combiné avec l’assurance-emploi Pas de complément ; Assurance-emploi seulement
Congé parental/
parent adoptif
Assurance-emploi pour le congé parental seulement 2 semaines 100 % suivi du congé parental avec assurance-emploi 5 jours 100 % du salaire suivi du congé parental avec assurance-emploi Comme ci-dessus 12 semaines = 84 % du salaire lorsque combiné avec l’assurance-emploi 5 jours au moment de la naissance, suivi du RQAP jusqu’à 38 semaines 10 semaines = 93 % du salaire, lorsque combiné avec l’assurance-emploi Assurance-emploi pour le congé parental seulement

Soutien pour les pères, les partenaires de même sexe et les parents adoptifs

Les résidents males avec un enfant, les partenaires de même sexe qui s’occupent d’un nouveau-né et les résidents qui adoptent un enfant sont admissibles aux prestations du régime d’assurance-emploi pour le congé parental jusqu’à 35 semaines et ont souvent un congé non rémunéré protégé jusqu’à 52 semaines. Tous les programmes n’ont pas un complément comparable pour les pères, les partenaires de même sexe ou les parents adoptifs.

Quelques semaines avant votre retour au travail, vous devriez vous occuper des tâches suivantes :

  1. Communiquez avec votre bureau des études médicales postdoctorales et votre autorité sanitaire pour confirmer votre date de retour. Vous pouvez également communiquer avec votre département des ressources humaines pour confirmer votre date de retour et assurer que les paiements ne prennent pas de retard.
  2. L’accès aux systèmes informatiques de l’hôpital peut être interrompu pendant votre congé de maternité. Donc, communiquez avec votre département des technologies informatiques plusieurs semaines avant votre retour au travail pour réinitialiser vos mots de passe et restaurer l’accès aux outils cliniques nécessaires aux soins des patients.
  3. Communiquez avec l’Association canadienne de protection médicale (ACPM) pour remettre votre protection en vigueur.

S’adapter au retour au travail

Lorsque vous retournez au travail après un congé de maternité, il est normal de se sentir accablée. Vous pouvez également vous sentir déconnectée de vos pairs et vous pouvez penser que les autres résidents ne comprennent pas ce que vous ressentez.

Soyez assurée que plusieurs résidentes ont réussi cette transition. Plusieurs provinces et universités ont des bureaux pour le mieux-être qui peuvent offrir de l’aide lors de la transition ou lorsque des problèmes surviennent. Le retour à la résidence à temps partiel est quelquefois une possibilité et peut valoir la peine d’être davantage explorée. Demandez de l’aide si vous en avez besoin.

« Il est fort probable que le premier mois après le retour sera une ÉNORME période d’ajustement à la maison et au travail. Il est normal de se sentir absolument accablée, de penser de façon régulière que vous êtes une mère/épouse/médecin horrible, mais la situation s’améliore avec le temps. Soyez bonne envers vous-même, passez beaucoup de temps avec vos enfants après le travail et étudiez après l’heure du coucher. Et n’oubliez pas de prendre soin de vous-même ! J’ai été très honnête avec mon précepteur actuel en ce qui concerne le besoin de pomper du lait ou d’aller occasionnellement à la maison pour allaiter mon enfant et ils ont été plus que conciliants. » — Samantha Reaume, médecine familiale

Allaiter

Il est possible de continuer d’allaiter alors que vous retournez au travail. Avoir un tire-lait électrique à double pompage est utile pour pomper du lait le plus rapidement possible pendant la journée. Certaines pompes ont également des contenants pour le congélateur pour entreposer le lait si l’accès à la réfrigération est limité.

Les hôpitaux doivent fournir un endroit pour tirer le lait. Malgré cela, certaines résidentes sont confrontées à des défis de trouver un endroit pour tirer du lait, et plusieurs organisations n’ont pas de politiques concernant l’allaitement. Certaines résidentes ont trouvé utile de communiquer avec une des consultantes en allaitement de l’hôpital où elles fournissent des soins pour les aider à trouver un endroit privé pour tirer du lait.

Selon la Société canadienne de pédiatrie, la transition vers le lait de vache peut être faite à l’âge de 9 mois.

L’organisation suivante est une excellente ressource pour l’allaitement : http://www.drmilk.org/.

Garde d’enfants

Pour beaucoup d’entre nous, trouver un gardien ou une gardienne d’enfants fiable est la partie la plus stressante du retour au travail. Cela est particulièrement vrai pour les résidentes qui n’ont pas de soutien familial dans la communauté où elles sont formées. Les options de garde d’enfants incluent : les garderies, des centres de garde de jour, les nourrices étrangères, les au pair, des nourrices locales et des compagnies de nourrices sur appel.

Les garderies ont de longues listes d’attente et exigent souvent que vous mettiez votre nom sur une liste pour plus d’un an à l’avance. Plusieurs garderies ont des heures de service prolongées pour accommoder les étudiants universitaires et les parents qui travaillent. Faites attention aux conséquences pour les frais en retard si vous êtes incapable de venir chercher votre enfant à l’heure prévue. Veuillez noter que certaines garderies refuseront votre enfant si ce dernier est malade.

Les centres de garde de jour peuvent être un peu plus flexibles en ce qui concerne les heures où vous venez chercher votre enfant. Certains résidents ont eu des problèmes avec des centres qui n’ont pas offert d’avis préalable concernant des jours de vacances supplémentaires ou des jours où il n’y aura pas de service de garde. Veuillez noter que certains centres de garde de jour ne sont pas règlementés, même si la plupart des provinces ont des agences de règlementation qui agréent certains centres de garde de jour.

L’embauche d’une nourrice étrangère peut prendre jusqu’à un an et comprend plusieurs coûts initiaux, comme 1 000,00 $ afin d’obtenir une étude d’impact sur le marché du travail (EIMT) et des vols vers le Canada. Plusieurs résidents utilisent les services d’une agence pour aider lors du processus. Ces fournisseurs de soins offrent souvent de l’aide lors de la préparation des repas et des besoins de nettoyage ménager. Leurs heures de travail sont souvent plus flexibles que celles des garderies ou des centres de garde de jour et un service de garde alternatif n’est pas nécessaire si l’enfant est malade. Cependant, il arrive parfois que les nourrices soient malades et vous devez fournir un congé annuel. Veuillez noter qu’à la suite de changements fédéraux apportés au programme en 2014, il n’est plus légal d’exiger que la nourrice habite dans votre maison.

L’embauche d’un au pair est une option pour un service temporaire de garde d’enfant. Un au pair est souvent un étudiant à la recherche d’un échange d’expérience dans un autre pays et qui fournira un service de garde d’enfant en échange d’hébergement. Les heures de travail d’un au pair sont souvent plus limitées et les placements sont plus temporaires.

L’embauche d’une nourrice locale offre l’avantage que vous pouvez interviewer la personne localement et en personne. Le tarif pour les nourrices locales est souvent plus élevé que celui pour les nourrices étrangères. Plusieurs nourrices étrangères cherchent indépendamment du travail lorsque leur contrat avec leur employé actuel est terminé. Certaines nourrices pourraient avoir besoin de l’EIMT mentionnée ci-dessus pour travailler légalement au Canada.

Certaines villes ont des compagnies de nourrices sur appel qui peuvent être utiles lorsque votre service de garde est non disponible au dernier moment : http://www.nanniesoncall.com/.

Organisations qui peuvent fournir de l’aide:

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